Avatar(te)
La révolution n’aura pas lieu, mesdames et messieurs, je vous le dis d’avance. D’abord, je précise que j’ai plutôt de la sympathie pour James Cameron. Aliens, c’est géant. Terminator 1 et 2, c’est très bien. Titanic, j’aime assez. Du bon divertissement, sans foutage de gueule et avec généralement assez de sous-texte intéressant pour ne pas sortir le cerveau totalement vidé. Avec tout ce que j’avais lu, j’allais voir Avatar avec bon espoir. Las, je n’y ai pas trouvé la révolution qu’on m’annonçait. Le début du film est plutôt séduisant, on sent que l’on va suivre le parcours personnel d’un héros possiblement attachant (Sam Worthington). Que celui-ci n’ait plus l’usage de ses jambes et qu’il le retrouve une fois envoyé dans son avatar, et avec lui un peu de sa liberté, est plutôt une belle idée. La toujours sympa Sigourney Weaver hérite quant à elle d’un rôle cool de scientifique maniaque, et on sent que la confrontation entre les deux peut donner quelque chose d‘amusant. Malheureusement, la suite de leurs aventures est plus ordinaire et largement prévisible. L’infiltration dans la population de la planète (les Na’vis), l’accoutumance à leur mode de vie, l’histoire d’amour qui débute avec une jolie indigène, le sentiment de trahison, le retournement la rébellion etc. (normalement je ne vous apprend rien, tout est dans la bande-annonce !), tout ça est vu et revu…
M’enfin, il parait que là n’est pas l’important. Cameron a passé dix ans sur le film, et manifestement ce n’est pas au scénario qu’il a consacré le plus de temps… on pouvait donc s’attendre à un ébouriffement visuel de tous les instants. Oui et non. C’est très impressionnant visuellement, mais je suis loin de trouver l’imaginaire de Cameron original. Sa planète Pandora est certes très belle, mais cette imagerie sauvage (nature foisonnante, paysages époustouflants etc.) n’est pas nouvelle. Un exemple parmi d’autres, les montagnes flottant dans le ciel rappellent immanquablement Myazaki… Mais ne soyons pas trop difficile. Bien que je trouve le physique de ces grandes gigues de Na’vis particulièrement laid, il est certain que la performance capture (technologie plus évoluée encore que la motion capture chère à Robert Zemeckis puisqu’elle permet de retrouver jusqu’aux expressions faciales des acteurs) est assez incroyable et rend d’autant plus humains les extraterrestres dont on nous raconte les coutumes et le mode de vie. Dès lors, problème. Comment peut-on croire une seconde qu’il s’agit vraiment de science-fiction alors que les Na’vis ne sont absolument pas des aliens crédibles tellement ils ressemblent aux humains ? Cet anthropomorphisme est assez dérangeant dans la mesure où il empêche de croire vraiment à ce qui se passe – récemment, District 9 s’en sortait beaucoup mieux à ce niveau-là. Un point positif, c’est que Cameron a quand même songé à leur inventer une langue propre, même si le scénario s’arrange pour faire parler tout ce beau monde en anglais la majorité du temps. On a saisi, James, t’inquiète : tes schtroumpfs géants, ce sont des Indiens d’Amérique ! Avatar c’est Pocahontas sauf que la jeune demoiselle est bleue et mesure trois mètres.
Du coup, il faut bien admettre que le sous-texte est assez puissant : dénonciation de cet acte fondateur des Etats-Unis d’Amérique : le massacre des indigènes, et du colonialisme en général. Il y a même quelques allusions à l’interventionnisme et à la guerre d’Irak (« guerre à la terreur » etc.). Mais tout cela est malheureusement enrobé dans un scénario cucul la praline, ultra prévisible et lourdement écolo. Le tout est d’un manichéisme incroyable, opposant binairement les bons sauvages qui vivent en harmonie avec la nature aux humains crétins et aigris (voir ce personnage de chef militaire, méchant plus caricatural tu meurs). Pour couronner le tout, on a le droit à une soupe spiritualo-new age avec le culte rendu par les Na’vis à leur déesse-nature. À ce niveau là, le discours écolo vire à la crétinerie absolue. Le propos sous-jacent (mais surligné) d’Avatar n’est pas dangereux, il est même plutôt respectable et progressiste et, comparé au blockbuster ultra conservateur de Roland Emmerich sorti il y a quelques semaines (2012), il a toute ma sympathie. Cependant plus le film s’étire en longueur avec d’interminables scènes de bataille, plus il s’avère insistant et épuisant. Le film est donc également bien trop long à mon goût. Mais pouvait-on faire plus court vu l’envergure du projet ?
Bref, rien de transcendant ni d’affreux là-dedans, Cameron assure la plupart du temps le divertissement et le plaisir des yeux. Mais je vois mal de quelle révolution esthétique Avatar serait l‘instigateur.





HAHA! Enfin quelqu’un qui est de mon avis! J’en avais marre de me faire lapider chaque fois que je disais que ce film était légèrement bidon.
Ya un truc que t’as oublié en tant que scientifique mec : Leurs hélicos à la con ne peuvent pas voler et leurs robots ne peuvent pas marcher…
Nans, lucyinthesky est une demoiselle
. De toute façon,je vois aucune raison de censurer un article, tant que c’est bien foutu, tout article mérite considération (en plus pour le coup il est très bien foutu).