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Bliss (Whip it) de Drew Barrymore : Girl power !

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Drew Barrymore est cool. Actrice de talent, elle a notamment tourné dans des comédies romantiques de qualité, ce qui est assez rare pour être remarqué : Collège Attitude (Raja Gosnell), Amour et amnésie (Peter Segal), Terrain d’entente (frères Farrelly) et Le come-back (Mark Lawrence), c’est quand même le haut du panier (j’excepte le récent et affreux Ce que pensent les hommes). Elle est également la productrice de Donnie Darko, ce qui démontre un goût certain. Son premier film de réalisatrice, avec la non moins cool Ellen Page dans le rôle principal, ne pouvait qu’intriguer. Avant d’entrer dans le vif du sujet, offrons-nous une petite phrase pour lyncher les distributeurs français du film qui ont tout fait pour lui donner une image lisse et niaise : l’affiche digne d’une couverture de Jeune et jolie et le titre devenu fade, alors que l’original Whip it ne manquait pas de puissance évocatrice (le coup de fouet) et était dans le ton du film, énergique et foutraque.

Bliss reprend donc une veine psychologique propre au cinéma indépendant américain récent, avec personnages un peu décalés et commentaires sur la vie de famille de la classe moyenne (Little miss sunshine, Juno…). Le film est un récit d’émancipation où le roller derby symbolise n’importe quelle voie que l’on trouve pour faire sa vie et quitter la maison. Loin des concours de beauté niais auxquels sa mère l’inscrit depuis toute petite, Bliss trouve une existence alternative dans le violence exaltante de ce sport bourrin relativement hallucinant. Il y a donc un côté sentimental qui est le plus naïf et le moins original du film, mais cette façon de greffer sur un teen movie indé banal une intrigue « film de sport » complètement barjo, où l’on assiste à des scènes où des filles en petites tenues et aux pseudonymes guerriers s’éjectent d’un circuit de patin à roulette sous les hurlements d’une foule surexcitée, est vraiment jouissive.

bliss 3 300x199 Bliss (Whip it) de Drew Barrymore : Girl power !

Car ce qui intéresse avant tout Drew Barrymore c’est l’énergie de ses héroïnes, qu’elles soient des ados comme Bliss (Ellen Page dans un rôle sensiblement proche de celui de Juno) ou des trentenaires un peu décalées, un peu en dehors du moule (les excellentes Kirsten Wiig, Juliette Lewis, Zoe Bell, Drew Barrymore elle-même…). Ce sont toutes des femmes libres, émancipées, ultra séduisantes sans pour autant rentrer dans les standards hollywoodiens habituels (pareil pour les mecs : le copain de Bliss, c’est pas Rob Pattinson mais il est beaucoup plus crédible comme ça !). Le casting des seconds rôle est dans l’ensemble absolument parfait et hilarant. Le scénario n’évite pas les passages obligés du genre et le sentimentalisme un peu facile (le conflit de l’héroïne avec sa mère) mais Bliss séduit in fine par le regard juste et fort qu’il porte sur toutes ces filles qui choisissent de faire du roller derby l’expression de leur désir de vivre comme elles l’entendent.

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