Recrutements d’autodidactes, une histoire qui marche ? [Barcamp Bordeaux #2]

Après quelques jours passés sous le signe de la détente et de l’Islande, il est grand temps de revenir au compte rendu du barcamp, rassemblement des amateurs et professionnels du web dans notre belle ville de bordeaux les 10 et 11 avril.

Même que pour l’occasion je vous ai sorti le bandeau-qui-tue-en-forme-de-rocher-qui-rigole.

Bref, aujourd’hui je vais vous parler d’une conférence que j’ai proposé sur le thème des autodidactes, ayant pour but de rassembler les expériences et le vécu de recruteurs dans leurs embauches d’autodidactes et d’estimer leur satisfaction vis à vis d’eux.

Voici l’intitulé précis:
Autodidactes:Leur place dans les professions du web, leur statut.
Vos expériences heureuses (ou pas) de recrutements.
Leurs compétences, leurs diplômes.

L’ouverture du débat s’est faite autour du profil de monsieur dream, blogueur francophone célèbre (20 ans au jour d’aujourd’hui), embauché depuis un bon moment par 20 minutes, société dans laquelle il occupe actuellement le poste d’éditeur vidéo.

C’est un bon communiquant, il n’a pas spécialement de gros diplômes et pourtant a été embauché, l’occasion de poser la problématique du rapport diplôme/emploi. L’occasion aussi de comparer un modèle français demandant quasi sans arrêt des diplômes à un modèle anglais qui se fie plutôt au profils et aux compétences.

Autre question posée, une entreprise privilégie t’elle un une formation initiale (et un diplôme) à laquelle elle ajoute des petites formations, ou quelqu’un de plutôt auto-formé et à la culture très large, qu’elle formera ensuite en interne aux spécificités d’une tache et d’un poste.

D’un coté, le diplômé est plus professionnel et possède un savoir faire mieux formaté, alors que l’autodidacte pur est quelqu’un de plutôt cultivé.

Nous voyons relativement vite une première interrogation poindre : un autodidacte peut difficilement valoir un bac+5 spécialisé dans du technique. Il est difficile d’acquérir le même niveau en architecture réseau qu’un ingénieur seul chez soi, et ce genre de tache sera plutôt confié à des prestataires titulaires au moins d’un diplôme, et si le diplôme n’est pas présent, il devra témoigner de nombreuses années d’expérience dans le domaine où il se dit expert.

Le débat s’est donc recentré autour des niveau bac+3 ou inférieur, dont les métiers sont plus aisément accessibles aux autodidactes.

La cas monsieur dream (cyprien iov) a été rapidement rangé dans les cas « à parts », en partant de l’idée que 20 minutes n’a pas réellement engagé un autodidacte sans premières expériences, mais a monétiser le trafic d’un blogueur et a pu élargir sa cible vers un nouveau panel de lecteur. Après qu’on ne nous fasse pas dire ce que nous n’avions pas dit, monsieur dream a un talent fou et travaille dur pour créer sa ligne de t-shirt et tout ce qui va autour de son personnage, nous disons juste que l’autodidacte moyen n’a pas le profil de monsieur dream.

Il nous restait toujours la question centrale « les métiers de l’informatique et du web sont ils ouverts aux autodidactes  ?». Les différentes intervenants ont témoigné que la jeunesse d’internet, le fait que les recruteurs aient du eux même s’auto-former, permet à un autodidacte d’être crédible dans des entretiens d’embauches. De même, l’un des participants nous racontait que l’un de ses modules ayant pour thème le référencement, et donc lui donnant son diplôme, était enseigné par un enseignant sans diplôme… Sympathique n’est ce pas ? Un autodidacte qui génère une promotion de diplômés.

La problématique de la passion est ensuite venue sur le tapis. L’informatique évolue constamment et l’auto formation est indispensable pour tout professionnel, qu’il soit diplômé ou autodidacte pur. De même, face au nombre de bac+3 se proposant pour des postes de techniciens, être autodidacte et capable de s’auto-former est une qualité demandée et souvent incontournable. Sur un autre plan, les loisirs et les capacités sont elles aussi déterminantes dans une pile de cv (toi qui cherche du travail, si tu es champion du monde de curling, ça peut faire la différence).

Autre point important, pas mal d’autodidactes passent un diplôme « pour le principe », histoire de justifier d’une formation en informatique, même si la formation en elle même ne leur a rien apporté. Effectivement il ne faut pas oublier que les grandes structures ont tendance à coter le salaire en fonction des diplômes des employés. Notons que les intervenants ont soulignés le fossé monstrueux entre la vie professionnelle et les enseignements donnés par l’université, délivrant dans les domaines du web des cours souvent dépassés technologiquement.

Acquérir une place n’est donc pas forcément une question de diplôme, mais le salaire lui en sera souvent dépendant. La boucle est bouclée, ce débat était clos, un autodidacte peut trouver du travail en informatique, et il est rare que des professionnels de l’informatique n’aient pas des compétences d’auto-formations.

Billet long et pas évident à écrire.

Toi, lecteur qui a survécu jusqu’ici et qui me soutient jusqu’à cette ligne fatidique, sache que je t’en suis gré.

Prochain article…un truc moins sérieux.

Bandeau sous CC par Bulléine

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